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Commémorations de l'Armistice : célébrer la Paix plutôt que les atrocités



« Quelle connerie la guerre » disait Jacques Prévert... En 1914 cette connerie là, ne devait pas durer plus de quelques semaines. Tout le monde serait rentré à la fin de l’été au plus tard pour les moissons." On connait la suite "Elle durera encore un an, faisant au total 10 millions de morts et 20 millions de blessés. Par définition la guerre est une négation de l’humanité. Mais celle-ci va au-delà de tout ce qu’on peut imaginer". En cette période aussi exceptionnelle (le centenaire du conflit) que mémorielle, Jean-Marc Tellier n’avait nullement l’intention d’honorer les 100 ans d’une boucherie mais plutôt le centenaire d’une c... sans nom. "Il faut gommer de l’histoire les horreurs et l’inhumanité pour sanctifier le patriotisme, le sacrifice de ceux qui serait « mort pour la France » incarné par de nombreux monuments aux morts érigés dans chaque village. Alors on serait prêt au sortir de cette guerre à recommencer ?" A cette question, le conseil municipal de l’époque a délivré une réponse ferme et sans ambigüité : "A Avion, le monument refuse le mensonge, il montre ces corps ensevelis dans la boue surmontée de la parole de l’évangile « Tu ne tueras point ». La déesse lâche son arme ce qui fut considéré en 1927, date de sa création, comme un appel à la désertion." Et une vive passe d’armes avec le préfet de l’époque pour préserver cette prise de position plus que rarissime en France.

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"Une guerre sans clichés" et des poèmes sans concessions

Devant une assistance plus nombreuse que de coutume pour cette commémoration, l’accent fut donc porté sur l’impérieux devoir d’hommage aux morts mais aussi sur le nécessaire devoir citoyen de souligner la complète absurdité comme la menace toujours présente et pesante d’un tel conflit. "Nous sommes là aussi pour dire que le combat pour la Paix, reste une lutte permanente, et qu’il convient d’être vigilant au risque de voir recommencer, l’histoire de ce 20ème siècle et de voir resurgir les enfants de « la bête immonde »." Tout est dit.
Après ce discours qui fut précédé des dépôts de gerbes d’usage, l’assistance fut invitée à rejoindre le jardin public -Harmonie municipale et corps des sapeurs pompiers en tête- pour l’inauguration de l’exposition mise sur pieds par le Conseil départemental. "Une guerre sans clichés" ou une vingtaine de magnifiques photos d’époque, fait la part belle à l’Humain au sein de ce massacre organisé. Elle fige des hommes et des femmes dans des instants où l’horreur leur offrait une pause, la grâce d’un moment de vie "normale". A voir absolument lors des heures d’ouverture jusqu’au 28 novembre prochain. Et pour marquer cette inauguration, de jeunes écoliers et collégiens avionnais ont fait lecture sous le kiosque à musique de quelques poèmes* : "Les yeux et la mémoire" d’Aragon, "Poèmes pour la paix" d’Eluard, "Nos étoiles" d’Apollinaire, "La nuit de mai" d’Aragon et "La Paix" de Sabine Sicaud. La Paix, cet édifice si fragile qu’il s’agit de préserver à tout prix, justement pour nos enfants et les générations à venir. Et ce combat pacifique est loin d’être gagné.

* Dans l’ordre des poèmes cités : les élèves de l’école Aragon-Triolet et du collège Langevin ; l’école Wallon ; le collège Langevin ; ("Nos étoiles" et "La nuit de mai") et le collège Rousseau.

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