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Une plaque pour les mineurs grévistes de 1948



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"Il vaut mieux subir l’injustice que de la commettre" disait Socrate. Sur ce plan là la corporation minière pourrait en débattre des heures... 68 ans plus tard ! Du 4 octobre au 30 novembre 1948, les mineurs de France grondent et appliquent leur droit de grève pour protester contre l’atteinte à leur droits sociaux acquis face au patronat comme face à l’Occupant (la grève patriotique du 27 mai au 9 juin 1941). Le gouvernement à l’origine de ce projet choisira le camp de la matraque et de la répression au profit du patronat des charbonnages qui ne se fera pas prier pour enfoncer le clou de son côté. Ce n’est plus une chasse aux sorcières mais une véritable épuration interne, près de 3000 mineurs seront condamnés et licenciés, la violence des forces de sécurité du ministre de l’Intérieur de l’époque, Jules Moch, fera six morts et de nombreux blessés. Mais la pire des blessures, c’est l’humiliation de ces hommes, de leurs familles, qui n’a toujours pas été pansée. Le Grenaysien Norbert Gilmez n’a jamais cessé de se battre toutes ces décennies pour rétablir la justice. Grâce à la garde des Sceaux et ministre de la Justice de l’époque, Christiane Taubira, la loi du 29 décembre 2014 réhabilite enfin ces mineurs spoliés dont nombre d’entre eux sont désormais disparus. Un certain nombre -non déterminé- d’Avionnais faisaient partie de ces victimes.
Dimanche, jour de la Sainte-Barbe, à la Maison Syndicale des Mineurs de Lens, une plaque rendant hommage à ces travailleurs -déjà- victimes de patrons voyous et d’un gouvernement à leurs bottes fut dévoilée.

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De nombreux élus avionnais étaient présents ainsi que Raymond Frackowiack qui, pour le syndicat CGT des mineurs, soulignera dans son discours que "les mineurs survivants licenciés des grèves de 1948-1952 sont toujours exclus de la simple application de la loi (d’amnistie de août 1981) eux qui méritent au plus haut point la reconnaissance de la patrie". Il est vrai qu’en dépit de cette loi d’amnistie, les mineurs grévistes ont toujours été floués au niveau de leur reconstitution de carrière.

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Norbert Gilmez, 92 ans, qui s’est battu comme un lion n’est toujours pas fatigué de rugir contre cette indignation : "Quelle indignation, quelle colère pour eux (les mineurs) de voir il y a 11 jours qu’un nouvel anniversaire de la honte venait encore de se passer. Le 34e anniversaire du 23 novembre 1982 qui a vu les généraux factieux ayant porté les armes contre la France en Algérie, être réhabilités, rétablis dans leurs droits à pension." "Le dévoilement de cette plaque devrait être un jour éclatant s’il n’y avait toutes ces ombres." Christiane Taubira n’ayant pu se déplacer,c’est Patrick Champiré, le maire de Grenay, qui s’est chargé de lire son message où elle ne manquera pas de mettre en exergue le rôle des femmes : "il faut dire avec insistance notre gratitude envers les mères, les épouses, les filles qui ont été là pour soutenir les hommes". Des hommes, du moins les survivants, toujours debout et toujours en attente que pleine justice leur soit rendue. Et pour cela une plaque commémorative ne suffit pas.

Pour découvrir toute cette sombre période, nous vous conseillons la lecture de "Plus noir dans la nuit, La Grande Grève des mineurs de 1948" de Dominique Simonnot aux éditions Calmann-Levy.

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