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Les Samsonite soufflent sur les braises de l'injustice



"Je ne veux pas être emm.... par la France !". L’auteur de cette saillie c’est l’acteur glissé dans la peau de Mitt Romney, candidat républicain à l’élection présidentielle américaine et ex-patron du fonds d’investissement Bain Capital, à l’époque principal actionnaire de Samsonite. La "France" c’est une poignée d’ouvrières de l’usine d’Hénin-Beaumont qui suite à un jeu de passe-passe financier ont perdu leur travail mais tout sauf leur dignité. Leur pugnacité pourrait on ajouter car le combat de dix ans des ex-Samsonite ne se résume pas à un dégât collatéral de plus dans la mondialisation économique. C’est le cas unique d’ouvrières qui, appuyées par leur avocat, sont "montées" jusqu’aux Etats-Unis* pour se battre contre les injustices du vaste monopoly qu’est le business mondialisé. Une première dans l’histoire de la lutte sociale.

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Ce fait-divers de la délinquance financière internationale, les ex-Samsonite le relatent dans la pièce "On n’est pas que des valises" mise en scène par Hélène Desplanques. Et c’est à Avion, au bout de quatre semaines de répétitions et entourées de trois comédiens professionnels, que sept ex-ouvrières de Samsonite se sont lancées sur les planches. Pour expliquer, pour transmettre ce qu’elles ont vécu ou plutôt enduré. Une pièce dans la lignée de "501 blues" pièce lancée il y a une dizaine d’années également à Avion. Brigitte, Isabelle, Renée, Annie, Paulette, Raymonde et Josiane jouent leurs propres rôles, pas dans le pathos mais avec humour, soutenues par un habillage vidéo solide et une mise en scène sans temps morts. Vendredi soir, pour la première, c’est une salle Aragon remplie à bloc qui a applaudi à tout rompre la prestation des anciennes ouvrières-actrices. Après cet hommage mérité, un couscous organisé par l’association des Samsonite attendait la troupe et leurs ex-collègues salle Mouloudji. La suite de cette première réussie, c’est désormais une tournée dans la région qui attend "On n’est pas que des valises". Aller voir cette pièce, c’est se dire en sortant que l’essentiel est de ne jamais désespérer. Et qu’en soufflant sur les braises de l’injustice on préserve ce droit inaliénable qu’est la dignité.

* Pour financer le voyage, un message lancé dans l’émission "Là bas si j’y suis" sur France Inter s’était conclu par l’envoi de 800 lettres de soutien et la collecte de 20 000 euros. Le financement du spectacle a été en partie permis par la réserve parlementaire du sénateur du Pas-de-Calais, Dominique Watrin, et de la sénatrice du Nord Marie-Christine Blandin.



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