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Inauguration de l'Espace enfance Iqbal-Masih



Une lombalgie aigüe a eu raison de sa présence, la technologie a évité son absence. Bernard Thibault, ancien secrétaire général de la CGT et désormais membre du bureau international du travail (BIT) était l’invité d’honneur de l’inauguration de l’Espace enfance Iqbal-Masih qui aura connu bien des aléas. Mais la cérémonie de ce vendredi 1er avril fut à la hauteur de l’exemple de ce jeune pakistanais, symbole du martyre des enfants au travail.

Petit retour en arrière. Initialement prévue le 20 novembre dernier marquant la Journée internationale de l’Enfant, le report de cette inauguration s’imposait comme une évidence suite aux attentats meurtriers perpétrés à Paris sept jours plus tôt. L’ex secrétaire général de la CGT était déjà invité, on connait la suite. Mais cela n’a en rien altéré une cérémonie que le soleil n’a pas boudé et en présence d’un public nombreux relevé de la présence d’Audrey Dautriche et Ludovic Guyot (conseillers départementaux) de Frédérique Masson (députée suppléante de la circonscription) ou encore de l’inspectrice du secteur d’Avion, Brigitte Depret.
C’est en compagnie de l’ancien premier magistrat de notre commune, Jacques Robitail, et d’Alain Dubreucq, président de la CAF du Pas-de-Calais, que Jean-Marc Tellier a dévoilé le nom d’Iqbal-Masih qui côtoiera désormais celui de l’école Joliot-Curie puisque intégré dans la même structure.

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"Avion, ville amie des enfants"

Ce sont les mots d’Alain Dubreucq lors de son discours, sensible au "dynamisme de (votre) politique jeunesse" qu’entretient la ville au quotidien. Le rôle de la CAF départementale fut loin d’être négligeable financièrement parlant avec un apport de 370 000€ sur l’ensemble du projet de la structure qui, en plus des activités scolaires et périscolaires, accueillera en été les centres de loisirs maternelles. "Nous participerons également à la réflexion pour la création d’un centre social et d’un LAP (lieu accueil parents)".
Jean-Marc Tellier qui n’oubliera pas le véritable parcours du combattant que furent les démarches auprès des organismes financiers afin que l’établissement sorte de terre revint sur le choix du nom d’Iqbal-Masih. "Drôle d’idée n’est-ce pas, en plein coeur du Pas-de-Calais que de donner le nom d’un enfant du Pakistan ! Vendu 16 dollars par ses parents pour rembourser une dette. Il a 10 ans et déjà une sacrée maturité avec ses 12 heures de travail quotidien. Il témoigne de sa vie d’enfant-esclave, symbole d’une jeunesse martyrisée." Et de rappeler la mort de ce gamin à l’âge de 12 ans criblé de plomb sur son vélo, oeuvre de la "mafia du tapis". Et de souligner que "nous sommes une des rares villes à avoir inauguré une place des Droits de l’Enfant, et nous voulons apporter notre modeste contribution pour qu’il n’y ait plus d’Iqbal-Masih".

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200 millions d’enfants au travail dans le monde

Et Bernard Thibault, qui ’a rien raté des discours puisque connecté depuis son domicile via Skype, de clôturer la cérémonie au titre du BIT qui justifiait sa présence. "Le travail des enfants est un des fléaux contre lequel nous nous battons. Le chiffre officiel est de 168 millions d’enfants travaillant dans le monde mais nous sommes plus près de 200 millions sachant qu’une quinzaine de pays ne se sont pas soumis au recensement. Parmi eux on en compte 65 millions soumis aux travaux dangereux tels que le maniement de produits chimiques ou encore dans les exploitations de mines clandestines." Et Bernard Thibault d’en exposer les principales causes : "Souvent la première raison du travail des enfants est la faible condition sociale des parents. Le deuxième levier, c’est la difficulté de l’accès à l’éducation pour nombre d’enfants dans le monde. Et derrière le travail des enfants, il y a des entreprises et des multinationales qui entretiennent le fléau. Notre rôle de consommateurs doit être aussi souligné." Et de souligner au passage le côté régressif de la refonte du Code du Travail assignant un certains nombre d’heures en direction des apprentis. Pédagogue de bout en bout -il est vrai que l’endroit était bien choisi- il conclura ainsi : "J’ai un voeu. Que les adultes comme les enfants de passage s’interrogent sur le nom d’Iqbal-Masih et puissent se convaincre qu’ils ont un rôle à jouer pour défendre la cause des enfants." Placé à l’entrée, le portrait souriant et coloré d’Iqbal-Masih sera là pour le rappeler.

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