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Interview de Romain Gény : "nous sommes inquiets sur l'avenir du lycée Picasso"



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L’avenir du lycée Picasso est une nouvelle fois incertain. Le rectorat de Lille a annoncé plusieurs suppressions de classes et de postes de professeurs à la rentrée 2011. Ces décisions vont avoir des conséquences lourdes quant au devenir de l’établissement avionnais. L’objectif affiché par la rectrice est à terme le passage en annexe d’un autre établissement et à moyen ou long terme la fermeture du lycée. Les élèves, les parents d’élèves, les professeurs et les élus ne comptent pas se laisser faire. Ils sont d’ores et déjà mobilisés comme ils l’ont été par le passé pour faire entendre leurs voix et contrecarrer les mesures prises par le rectorat. Nous avons rencontré Romain Gény, professeur de sciences économiques et sociales depuis 10 ans au lycée Picasso et responsable de la section SNES (syndicat national des enseignants du second degré) au sein de l’établissement.

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Une énième fois, le lycée Picasso est visé par des décisions de suppressions classes et de postes, comment avez-vous appris ces annonces ?

RG : « Avant les vacances de décembre, nous avons eu l’information selon laquelle le rectorat voulait fermer la première année de BTS à la rentrée prochaine. Nous avons écrit pour demander une audience à la rectrice. Elle nous a répondu avec fermeté qu’elle fermait la section et que les élèves n’iraient qu’à aller voir ailleurs. C’est que ce qui s’appelle le dialogue social de son point de vue. Au début du mois de janvier, nous avons eu le nombre de classes et le nombre d’élèves pour la rentrée 2001 telle que le prévoit le rectorat. Et là surprise. »

Quelles sont les décisions prises par le rectorat ?

RG : « Nous avons constaté qu’une classe de seconde allait être supprimée. De 4 classes de secondes, il n’en restera que 3. Dans le même temps, nous avons eu la confirmation que la section BTS assistant manager, seule section post-BAC à Picasso, allait aussi disparaître. La classe de BTS, nous nous y attendions mais pas la classe de seconde. Fin janvier, j’ai vu des documents de travail dans lesquelles il était indiqué que le lycée professionnel serait transformé en section professionnelle. De plus, cinq postes de professeurs vont être supprimés à la rentrée 2011. Je rappelle que dans l’académie, il y aura 470 postes en moins en collège et lycée alors qu’il y aura en septembre 2011, 3700 élèves en plus. »

Quelles conséquences vont-elle avoir sur le lycée Picasso ?

RG : « Premièrement, les classes de secondes vont être surchargées. On aura des classes à 33-34 élèves. Il n’y aura plus la possibilité de travailler en petits groupes comme on le faisait jusqu’à présent et d’avoir des suivis personnalisés des élèves. Deuxièmement, pour les terminales STG (sciences et techniques de gestion) qui se dirigeaient vers cette section après le BAC, la mobilité va engendrer automatiquement des frais supplémentaires (bus, cantine,….). On prive les élèves de formation. C’est un BTS qui accueille également des élèves de bac PRO, le rectorat ne le prend pas en compte. Troisièmement, la transformation du lycée professionnel. est un moyen de supprimer des postes administratifs, des CPE (conseillers principaux d’orientation), et des surveillants. »

Le Lycée Picasso est-il menacé ?

RG : Nous avons des inquiétudes sur l’avenir du lycée. La rectrice veut fusionner ou fermer 25 établissements dans la région. Pour cela, elle a cité deux critères : il faut un maximum de trois secondes dans l’établissement et moins de 300 élèves. En fermant une seconde et la section BTS à Picasso, on tombe à 294 élèves. C’est une manière artificielle de nous faire entrer dans ces critères. On le perçoit comme une attaque qui vise à fermer le lycée et de voir ainsi disparaître toutes les formations qui y sont enseignées. »

Qu’allez vous entreprendre pour inciter le rectorat à revenir sur ses décisions concernant le lycée avionnais ?

RG : "Tout d’abord, je voudrais rappeler que ce n’est pas la première fois que le lycée Picasso est visé par de telles mesures. Il y a 3 ans, trois sections et des postes de professeurs devaient être supprimés. Pour faire entendre nos revendications nous avions occupés le lycée de nuit. On en a entendu parler. Les médias régionaux et nationaux avaient relayé nos actions. Nous avions été reçus au ministère de l’éducation nationale par le directeur de cabinet de Xavier Darcos, ministre à l’époque. La mobilisation avait porté ses fruits puisque nous avons sauvé les sections menacées et réussi à sauvegarder 3 postes d’enseignants sur les 6 qui devaient être supprimés. Aujourd’hui nous sommes très déterminés. Les professeurs sont inquiets mais aussi très en colère. Nous savons que nous pouvons compter sur le soutien des élèves, des parents d’élèves, des élus d’Avion et de Méricourt. Il est hors de question de se laisser faire ! Nous avons demandé une audience au rectorat. Nous organiserons une réunion publique pour informer les populations d’Avion et de Méricourt. Nous allons également manifester, il est évident que vous allez entendre parler de nous… »

Qu’est ce qui fait la force du lycée Picasso ?

RG : "La rectrice affirme qu’un petit lycée ne peut pas marcher. C’est tout le contraire. Les élèves du lycée Picasso disent que c’est un très bon lycée. Ils sont suivis. Cet établissement est un outil de travail au service des lycéens. L’enseignement, ici, est de qualité, il n’ y a qu’à voir le taux de réussite des élèves en constante augmentation chaque année. Il y a une foule de projets et des professeurs qui adorent enseigner à Avion. Je prendrais quelques exemples : les séjours que l’on fait à New York ou en Espagne, les ateliers théâtres et photo. On a même un festival de théâtre propre au lycée qui a été lancé il y a deux ans. Le Conseil Régional a rénové totalement le lycée. Ces travaux ont été inaugurés en 2008. Le coût global de l’opération s’est élevé à 4 600 000 euros. Il serait impensable d’imaginer que le rectorat puisse le fermer un jour. Les élèves d’Avion et de Méricourt ont le droit d’avoir une éducation de très bonne facture. »

Réunion publique

QUELLE ÉCOLE NOUS PRÉPARENT-ILS POUR DEMAIN ?

Venez vous informer, débattre et préparer les mobilisations nécessaires

MARDI 1ER FEVRIER

18H30

SOUS SOL DE LA MAIRIE D’AVION



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